Au pied des vingt étages aux reflets turquoise, l'entrée de l'hôtel Riviera est signalée par un audacieux duo amoureux d'une humaine et d'un hippocampe, signé Gelambert. © Paul Lepreux

A Cuba, Le Casino Hôtel Riviera

Parfait exemple d'un style moderniste maquillé de voluptés hollywoodiennes, cet hôtel est aujourd'hui le rendez-vous d'esthètes internationaux.

L'ultime folie d'un gangster à la Havane

Bâtiment amiral de l'escadre du luxe et du vice du Mafioso Meyer Lansky et ancien rendez-vous de jeux des mafiosi, Le Casino Riviera édifié dans les années 50 est étonnamment préservé. Ses architectes, Igor Boris Polevitsky et Werner Johnson de Miami avaient opté pour un bâtiment moderniste d'une vingtaine d'étages, incurvé pour que toutes les chambres aient vue sur la mer. Le décorateur local Albert Carvin, virtuose des matériaux, dessina un mobilier aux impeccables lignes "streameline", symboles siciliens de l"honorables société. Aujourd"hui, il accueille un nouveau genre de visiteurs dans la capitale cubaine.
Au pied des vingt étages aux reflets turquoise, l'entrée de l'hôtel Riviera est signalée par un audacieux duo amoureux d'une humaine et d'un hippocampe, signé Gelambert. Le comptoir de la réception de l'hôtel, rebaptisé Habana Riviera est surmontée de trois magnifiques horloges de bronze doré, à l'heure locale, européenne et américaine L'escalier se déploie au milieu de volutes turquoises et or, sous une coupole éclairée par une suspension en bronze très graphique Les massives tables de pierre du décorateur Albert Carvin servent de socles et d'écrins aux sculptures de marbre du Cubain Florencio Gelambert Entre un palmier et une cloison aux motifs librement inspirés de l'art des Indiens Taïnos, détente et daïquiri dans un mobilier original de bois laqué ivoire et or Les peintures murales du restaurant l'Aiglon sont inspirées d'un décor théâtral de Valentine Hugo, un hommage au bref passage dans les eaux des forces de l'empereur napoléon. Dans l'ancien Copa Room devenu le Palacio de la Salsa, d'immenses oiseaux de paradis volent aux murs aussi pailletés que les danseuses dénudées Ce plongeoir de trois étages surplombe la piscine plus qu'olympique de l'Hôtel Riviera Sur les murs du restaurant de la piscine, le Al Fresco, les poissons et les étoiles de mer dansent devant un mobilier rescapé signé Saarinen. Les massives tables de pierre, les élégants buffets de métal et les mosaïques d'or du décorateur Albert Carvin servent de socles et d'écrins aux sculptures de marbre du Cubain Florencio Gelambert