Contrairement à ce que j’aurais pensé, j’ai beaucoup de mal à trouver un professeur de bricolage. Ça ne court pas les rues, surtout à Paris (avis aux amateurs, il y a des places à prendre !). Finalement, via www.kelprof.com, je contacte un certain Mr K., qui bien que se relevant à peine d’une hernie discale (!), accepte gentiment de venir me montrer comment on pose des étagères.
Monsieur K., qui est extrêmement sympathique, désespère : les équerres (les montants sur lesquels vont reposer les planches) que j’ai choisies chez Ikéa sont certes jolies (design, en acier) mais lourdes et peu pratiques. "Mais bon, me dit-il, pragmatique. C’est de la bonne qualité, au moins il n’y aura pas de problème de rouille." Et puis je n’ai pas le matériel nécessaire : pas les bonnes vis, et pas de chevilles. Sauf que moi, je ne sais pas ce que c’est une cheville !
Je file dare-dare à la droguerie du coin, où on m’en colle 10 pour 3,50 €. Mr. K. étouffe un juron : pour ce prix-là, il en a 100.
Nous voilà face au mur. J’apprends à me servir d’un niveau à bulle (grâce auquel les étagères seront bien à l’horizontale) et à centrer avec le mètre. Maintenant il faut percer (j’ai emprunté la perceuse d’un copain). Mr K. m’explique lentement comment choisir la mèche appropriée (l’embout pour percer) en fonction du support (placo, bois ou béton) et comment la fixer à l’engin. Il paraît qu’il faut viser son pouce, mais je n’ose pas car j’ai peur de me le trouer. Mr K. me regarde de travers. Il me fait une démonstration. Le bruit est assourdissant, limite angoissant. J’ai l’impression d’être dans "Massacre à la tronçonneuse". La difficulté, paraît-il, c’est de trouer droit. C’est à mon tour. J’empoigne l’engin comme Mr K., à la manière d’un pistolet, et je dois avouer que c’est assez jouissif de faire des trous. Même si, bien sûr, ils sont beaucoup plus vilains que ceux de Mr K. Ensuite, il faut enfoncer les chevilles dans les trous avec un marteau puis les vis dans les chevilles avec un tournevis. Voilà ! Toute joyeuse, je repose la perceuse sur la moquette. Mr K. hurle : "La moquette brûle !"
Je sais poser une étagère (et me servir d’un marteau, d’une perceuse, d’un niveau) ! Ça nous aura quand même pris plus de 2h30. Franchement, le prof à domicile, c’est top.
Mr Khnagui (06 14 45 90 01) ; 25 €/h, payable en chèque emploi-service ; www.kelprof.com.
(18 voix)
Parce qu'elle n'a pas le bonheur d'avoir un mari bricoleur, c'est décidé, notre journaliste Vanessa Lepage prend son courage et sa perçeuse à deux mains.
Et vous, qu'en pensez-vous ?