A Rome, une maison-atelier dans une ancienne école

8

Diane et Evelyne de Clercq, sœurs et stylistes, ont investi un ancien entrepôt romain pour en faire un espace où se mêlent ateliers et pièces à vivre. Un mélange subtil entre ancien et contemporain, pour un résultat métissé et customisé au charme d’antan.

Un jardin qui borde la maison
1/7

Un jardin qui borde la maison



C'est par un jardin riche en citronniers, oliviers, palmiers et rosiers que l'on entre dans le monde de Diane et Evelyne de Clercq, deux sœurs stylistes de la marque d'objets de charme Astier de Villatte. Située dans un quartier populaire de Rome, cette grande maison à la façade ocre est le lieu de création des deux stylistes. En effet, Evelyne et Diane n'ont pas voulu s'octroyer les services d'un architecte car elles souhaitaient vraiment s'approprier le bâtiment. Gardant la structure originelle de l'entrepôt, elles ont commencé par refaire le toit et quelques murs, imaginé deux ateliers et pièces à vivre sur différents niveaux, l'ensemble éclairé par une grande verrière. Cette dernière a nécessité les services d'un ferronnier qui oeuvra intensément durant six mois.

Cet entrepôt anciennement école de sculpture allie désormais un style charmant avec des vieux meubles chinés à des accessoires tendances, caractéristiques de leurs métiers de stylistes.

 

Un jardin au style industriel

 

Recouverte de dalles de béton, la terrasse tout en longueur est décorée ça et là de petits arbustes situés le long des murs couleur ocre. Un lit de camp recouvert de couvertures et de coussins bigarrés Astier de Villatte, une petite table métallique ainsi que deux fauteuils AA en tissu blanc invitent les propriétaires à un moment de détente bien mérité.

Une fois la nuit tombée, la baie vitrée reflète mille facettes grâce aux lampes industrielles disposées juste au-dessus d'une poutre métallique transversale. Ces suspensions d'usine ponctuent l'extérieur avec style. La plupart du temps articulées et métalliques, on les trouvent généralement chez des antiquaires spécialisés. A Paris, depuis plus d'une quinzaine d'années, Gilles Oudin s'est spécialisé dans les meubles industriels parmi lesquels des suspensions de professionnels des années 50, ou des appliques en verre datant d'avant-guerre (20, avenue Trudaine, 75009, 01 45 08 55 59).

 

Par marieclairemaison.com
Un atelier rempli de bobines de fil
Un atelier rempli de bobines de fil
 Vincent Leroux

On accède à l'espace de travail de Diane et Evelyne par une grande porte du XVIII° siècle à travers laquelle on entrevoit d'autres pièces en enfilade. Cette porte massive trouvée en Ombrie a conservé sa patine bleutée d'antan. Les propriétaires des lieux ont foulé une grande partie des brocantes du sud de l'Italie pour trouver toutes les portes de cette atelier-maison.

Elles sont toutes marquées par le temps et décorées de quelques moulures datant du XVIII° siècle.

A gauche de l'entrée, un ancien meuble d'infirmerie est décoré par de nombreuses bobines de fil colorées, si précieuses pour les travaux des deux stylistes. Toujours dans un esprit de récupération, une table vitrine de magasin sublime désormais une belle collection de palettes de peintre.

De l'orange, du beige, du violet, du vert, du marron, du rouge et du gris clair, l'atelier revêt des teintes dynamiques qui égaient la pièce, déjà très lumineuse où les stylistes puisent leurs inspirations créatives.

 

Où trouver une porte ancienne ?

 

Sur 3000m2 de joyeux bazar, L'Entrepôt aux Puces de Saint-Ouen propose un vaste choix de modèles de styles différents allant de la porte de grange en bois à la porte de château d'époques. Les prix varient selon l'état, l'essence et l'époque de la porte. (80, rue des Rosiers, 93400 Saint Ouen, 01 40 11 11 71)

Une autre adresse dans le Vaucluse s'est spécialisée dans la reprise et la réédition de portes d'époques, comme des portes Louis XV ou Louis XVI en bois, des portes du siècle dernier qui peuvent être remises aux mesures et en état. Chez Boiseries et décoration, route Murs, 84400 Gargas, 04 90 74 15 71.

 

Un salon au style métissé
Un salon au style métissé
 Vincent Leroux

Dans le salon d'Evelyne, le ton est donné avec du mobilier provenant de plusieurs endroits. Contrairement à sa sœur, elle se sent plus séduite par tout ce qui concerne l'artisanat, des broderies en passant par des meubles réalisés à la main. Le coton, la soie, la laine sont des matières naturelles qu'elle affectionne plus particulièrement dans son travail.

Les planches du plafond recouvertes de la même couleur claire sur les murs donnent une impression de volume, accentuée par un grand miroir central. Un canapé blanc en lin enrichi de quelques coussins colorés réalisés par Evelyne est entouré de part et d'autre de deux fauteuils en bois imitant le bambou chinés chez un tapissier, dont la toile blanche s'accorde à celle du canapé. Contrastant avec ces matériaux naturels, deux tables basses fabriquées par un ferronnier sont composées d'un plateau en carreaux napolitains anciens.

Dans cette pièce, les éléments décoratifs comme des maquettes de trains anciens et une lanterne du XVIII° ont été mis en scène avec soin, ce qui donne l'impression d'avoir toujours été ainsi. Tout s'accorde sur une même note charmante et cosmopolite.

Un atelier aux allures de brocante
Un atelier aux allures de brocante
 Vincent Leroux

Attenant au salon, une partie de l'atelier de Diane et Evelyne, donnant sur une mezzanine est composé essentiellement d'objets et de meubles tous différents.

L'œil est tout d'abord attiré sur l'immense toile murale de Giuseppe Ducrot illustrant de façon naïve un dressing rempli de vêtements. Devant, deux lampadaires réalisés à partir de cannes à pêche éclairent des anciens bureaux postaux en bois vernis. Le petit paravent en bois et tissu datant de 1940 a été trouvé chez une de leurs amies antiquaire. Un autel d'église peint en trompe l'œil trône majestueusement au premier plan de l'atelier. Les styles se mélangent, les couleurs s'accordent et les matières s'harmonisent.

 

Les meubles de métiers remis au goût du jour

 

Depuis plusieurs années, les meubles de métiers intègrenet les habitations contemporaines. A l'origine, ces meubles en chêne brut ou patiné étaient fabriqués pour comporter des aménagements spécifiques propres à une profession, comme des meubles de mercerie à poignées coquilles, des vitrines d'apothicaire ou encore des tables de fleuriste  avec plateau en zinc.

Sur le marché Paul-Bert  à Saint-Ouen, KMK Antiquités a sélectionné pour les amateurs des modèles datant du XIX° siècle.

A Marseille, Meubles de Métier, est un spécialiste du mobilier ancien, qui présente aussi bien des meubles de droguiste avec pleins de tiroirs, que des comptoirs de bistrot 1900. (58, bd Fifi Turin, 13010 Marseille, 04 91 78 81 92)

La Cave, à Lyon expose un grand nombre de meubles curieux comme des longues tables de drapier en chêne ou des vitrines de présentation en verre et bois. (27, place Bellecour, 69002 Lyon, 04 78 37 77 05)

La salle à manger de Diane
La salle à manger de Diane
 Vincent Leroux

Pour Evelyne et sa sœur, l'idée de départ en investissant ce lieu était de créer deux ateliers et des pièces à vivre. Toujours dans un esprit de partage et de métissage, les deux stylistes ont dessiné, décoré et aménagé chaque recoin de ce grand bâtiment.

Ici, la salle à manger de Diane est un bon exemple de scénographie interculturelle. Le sol est recouvert de pierres grises claires originaires d'Ombrie. Par dessus, un tapis moderne en plastique africain (CSAO) contraste avec les chaises en bois 1940 dont le barreau central a été customisé en noir. Ces chaises entourent une table d'école avec le plateau en stratifié rouge chinois. On retrouve ce rouge vif sur les portes de la desserte, récupérée dans les rues de Rome. Au fond, la porte à double battant équipée de poignées rondes a été peinte dans le même coloris pour créer une harmonie dans la salle à manger.

Le reste des accessoires s'accorde parfaitement à l'espace. Au mur, un miroir de restaurant trouvé dans une brocante met en avant deux sculptures de feuilles en métal. Accolé à ce mur, un ancien réfrigérateur blanc SMEG fait face à un meuble bas décoré de peintures africaines.

Une grande verrière apporte une lumière généreuse qui se diffuse largement dans tout l'espace. On aperçoit d'autres pièces en enfilade à travers cette grande baie vitrée.

Une véranda comme un refuge
Une véranda comme un refuge
 Vincent Leroux

La véranda de Diane est dans le prolongement de la salle à manger. Entourée de part et d'autre par la verrière, cet atelier est un refuge idéal, propice à l'inspiration de la créatrice. Peintre avant de devenir styliste, elle a toujours été attirée par les pigments et les couleurs, qui tiennent une place importante dans ses travaux. 

Un décor au mélange réussi

Au sol, un tapis africain (CSAO) bleu, jaune et rouge donne le ton avec des motifs carrés. Le lit n'est pas en reste avec une couverture en patchwork de tissu marron et blanc. Diane s'est entourée de plusieurs chaises, toutes différentes les unes des autres : un fauteuil en métal décapé 1930, une chaise d'école en bois, un petit fauteuil africain et un tabouret en bois patiné sur lequel reposent les palettes de peinture.

Au pied du lit, un spot de photographe récupéré sur un marché d'Aligre a été monté sur une tige de fer pour éclairer l'atelier, une fois la nuit tombée. Les lampes de professionnel (photographe, architecte, chimiste, artisan...) ponctuent avec styles tous les types d'espace.

A Paris, Teisso Antiquités présente une belle sélection de meubles industriels, dont un large choix de lampe Gras. Datant du début du siècle, elles existent en suspensions, lampadaires, lampes à poser et appliques. 81, rue Vieille-du-Temple, 75003 Paris, 01 48 04 59 07

Une cuisine de style
Une cuisine de style
 Vincent Leroux

Les deux soeurs aiment se retrouver dans leur cuisine lumineuse, au décor épuré.

La lumière et la grande hauteur de plafond en font une pièce agréable, propice aux repas conviviaux.

L'originalité de la cuisine tient dans la mosaïque de carreaux napolitains noir et blanc, datant de la fin XIX° et généralement utilisés pour les sols. Quelques objets en verre et cristal (Murano et Lalique) accessoirisent ça et là les étagères de la pièce. Au centre, la chaise en métal et bois a été récupérée dans un atelier de mécanicien, tout comme le meuble d'office qui sert désormais de table. Celle-ci a été peinte en gris, frottée au papier de verre puis cirée pour un rendu d'époque réussi.

 

Comment patiner un meuble ?

 

Pour donner l'illusion de plusieurs épaisseurs de peinture, il est conseillé de mélanger de la peinture acrylique avec du blanc de Meudon. Il faut passer une première couche, puis une seconde dans un ton un peu plus foncé sur le meuble encore brut.

Une fois sèche, on gratte la peinture avec du papier de verre épais sur les ferronneries, les pieds et les anges des moulures. Pour les pointilleux, il est possible de passer du papier de verre fin pour lustrer le meuble.

La dernière étape consiste à cirer le meuble avec une cire liquide pour obstruer les angles et les rayures du papier de verre. L'effet d'usure est alors beaucoup plus naturel.

Un chiffon doux accompagné d'une brosse enlève le surplus de la cire.

Anonyme le 16/04/2012 à 10:20
  • bien pensé, vraiment très agréable, et très cosi.
Anonyme le 29/04/2011 à 03:54
  • Wow, un intérieur ou j'aimerais y vivre. On doit s'y sentir bien.
Anonyme le 03/05/2010 à 19:28
  • Vraiment bien réhabilité, c'est plein de charme, j'y installerais bien mon atelier de peintre dans ce joli décor.
Ecrire un commentaire

Pour que votre commentaire soit signé de votre pseudo, merci de vous connecter.

Je déclare avoir pris connaissance et avoir accepté la Charte
vidéos
newsletter