Un appartement au style contemporain et vintage dans Paris

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Avec l’aide de sa femme, l’architecte italien Massimilano Fuksas a su créer une ambiance moderniste dans le décor très épuré de son vaste appartement, situé place des Vosges.

Un décor dépouillé et du mobilier vintage
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Un décor dépouillé et du mobilier vintage


C'est dans un des 36 pavillons fait de briques et de pierre de la place des Vosges, que l'architecte italien Massimilano Fuksas s'est installé en compagnie de sa femme et collaboratrice, Doriana. Fernand Pouillon et Renzo Piano, architectes respectifs du vieux port de Marseille après la guerre et du centre Pompidou, ayant tous deux habité ce même pavillon, il fut tout naturel pour le couple italien, partageant leur vie entre la France et l'Italie de s'y établir.

Ne nécessitant pas de grands travaux, la seule intervention des Fuksas fut d'en faire tomber toutes les cloisons, pour agrandir l'espace déjà très vaste de cet appartement. Quelques rares poutres d'acier ont alors été édifiées afin de soutenir les lourdes structures des étages supérieurs, ajoutant une pointe de style industriel au décor du pavillon. C'est Madame Fuksas, collectionneuse des meubles de Jean Prouvé, qui s'est alors chargée de l'aménagement de l'intérieur, l'emplissant de meubles signés Charlotte Perriand, Le Corbusier, Alvar Aalto ou encore Noguchi. La particularité de ces derniers réside dans le fait qu'ils étaient au départ destinés à une clientèle populaire.

Murs de pierre nue, métal et bois naturel se mélangent formidablement avec un mobilier moderniste, créant ainsi une atmosphère résolument esthétique. Les styles et les siècles se mêlent, illustrant "L'Esprit Nouveau", titre d'une revue fondée au début du XXème siècle par Le Corbusier et ses amis. Prônant l'adaptation de la modernité avec son époque, aussi différentes soient-elles, elle permettait aux créateurs de devenir classiques et ainsi, intemporels.

 

Dans ce grand salon, 3 grandes portes fenêtres offrant une vue imprenable sur la fameuse place des Vosges, laissent entrer les rayons du soleil qui se reflètent sur un sol en dalles de pierres, créant ainsi une ambiance très lumineuse.

Des sièges "Wire" et "Diamond" d'Harry Bertoia (1955) s'articulent également autour d'une table basse fabriquée aux ateliers Jean Prouvé (1953) et signée Charlotte Perriand.

Au fond, une bibliothèque (1947) surmontée d'une coupe de Martin Szekely jouxte des photos de Nan Goldin et Jonas Mekas posées au sol.

Par marieclairemaison.com
Le grand salon Louis XIII
Le grand salon Louis XIII
 Gilles de Chabaneix

Sous un plafond Louis XIII qui a gardé son décor d'origine, trône une magnifique cheminée datant de la même époque. Deux lampes sculptures "Akari" d'Isamu Noguchi installées de part et d'autre l'éclairent de façon originale. De larges fauteuils "Visiteur" en bois et alu (1950) permettent de s'installer très confortablement en face de la cheminée. Un esprit vintage accentué par les deux lits de repos, l'un réalisé pour la Maison du Brésil (1954) et l'autre réalisé pour la cité universitaire d'Antony (1954) avec plateau mobile et piètement  d'acier de Jean Prouvé, font office de canapé. Au fond à gauche, une drôle de chaise d'amphithéâtre universitaire en tôle et à tablette de bois (1952) imaginée par Jean Prouvé, baigne dans la lumière.

On retrouve dans cette pièce, les fameuses poutres d'acier qui soutiennent les étages supérieurs et cassent cette atmosphère boisée. Les meubles et autres éléments de décoration sont éparpillés un peu partout dans la pièce, occupant avec force et esthétique le vaste espace qu'offre ce grand salon.

Le bureau dans le hall
Le bureau dans le hall
 Gilles de Chabaneix
Le vaste hall, largement ouvert sur le grand salon ainsi que la salle à manger grâce à de grandes ouvertures creusées dans le mur, fait également office de bureau pour le couple Fuksas. C'est d'ailleurs sur une table au design ultra-simple dessinée par Charlotte Perriand (1956) et assis sur l'une des deux chaises en plastique moulé de Verner Panton (1966) que l'on travaille, on lit, on s'adonne à son art. Une scultpure sur béton de Roberto Matta pour l'école de Tarquinia, conçue par M. Fuksas lui-même, ainsi qu'un totem de bois et clous de Doriana Mandrelli habillent la pièce de façon très contemporaine, comme dans l'entrée d'un musée. Un style assez "culturel", qui colle bien à la pièce ainsi qu'à la personnalité du couple d'artistes. Pour finir, un petit tableau tapisserie d'Alighiero Boetti est accroché sur le pan de mur qui sépare ce hall bureau du grand salon et conclut la décoration contemporaine de la pièce.
Une salle à manger très accueillante
Une salle à manger très accueillante
 Gilles de Chabaneix

Dans le prolongement du grand salon, on trouve une belle salle à manger délimitée par deux piliers en métal IPN qui remplacent une cloison. Une immense table de conférence "Trapèze" entourée de chaises "Standard" (1950) de Jean Prouvé permettent d'accueillir de façon confortable une multitude d'invités pour une tablée très conviviale. Sur le mur de gauche, une applique à trois bras "Swing" de Serge Mouille (1953) est très pratique pour éclairer la pièce, aussi grande soit-elle, dans des directions différentes selon l'ambiance que vous voulez créer. La lumière du jour quant-à-elle, entre par les portes fenêtres situées de l'autre côté offrant une vue imprenable sur la place des Vosges.

Au fond, une large bibliothèque installée sur un pan entier de mur permet de disposer divers livres et bibelots ou même de ranger sa vaisselle pour un accès facile et rapide.  Sa couleur vert d'eau est très discrète et s'intègre facilement à la décoration de la pièce.

Une cheminée dans la chambre
Une cheminée dans la chambre
 Gilles de Chabaneix
Dans cette grande chambre, séparée de la salle de bains par des portes coulissantes en verre synthétique, réside une large cheminée en pierre dont l'imposante stature adoucie par de jolies lignes ne peut pas passer inaperçu. Sur le dessus, on a posé un pichet en céramique de Georges Jouve (1950) accueillant des fleurs Marianne Robic. Délibérément opaques, les portes coulissantes permettent de conserver l'intimité de chacune des pièces.

A ses pieds, un tapis du Rajasthan accueille une superbe chaise longue dessinée par le Crobusier-Perriand-Jeanneret (1928) dont les courbes font écho à celles de la cheminée. En guise de table de chevet, une petite table en bois d'Alvar Aalto (1933) sur laquelle repose une jolie lampe "Noce" de Castiglioni pour Flos (1972).

Au fond, dans l'encoignure de la pièce, un long radiateur mural très discret prend la couleur des murs et s'adapte au grand volume de la pièce.

La chambre de jeune fille
La chambre de jeune fille
 Gilles de Chabaneix
Dans cette autre chambre, le sol en dalles de pierre et le plafond Louis XIII sont identiques à ceux du reste de la maison, et créent une continuité dans l'ambiance de l'appartement. Sobre et épuré, l'aménagement de la pièce est simple et ne s'encombre pas de meubles inutiles.

Tout comme dans la chambre du couple, on retrouve une cheminée dans cette chambre de jeune fille dont la taille n'en est pas moins importante. On s'assied ou on dépose ses vêtements sur une jolie chaise de Charles et Ray Eames (1945) et on s'éclaire grâce à des lampes de Noguchi et Philippe Starck qui diffusent une lumière douce aux quatre coins de la pièce. Pour ce qui est de la décoration de la chambre, elle se contente de tableaux réalisés par Massimilano lui-même ainsi qu'Elise Fuksas, sa fille, simplement posés à même le sol ou directement sur la cheminée, aux côtés d'un joli bouquet de roses.

La salle de bains en transparence
La salle de bains en transparence
 Gilles de Chabaneix
La salle de bains aux tonalités douces et claires s'ouvre totalement sur la belle chambre du couple italien, grâce à de grands panneaux coulissants en verre synthétique. Fermés, ceux-ci conservent l'intimité de chacune des deux pièces tout en laissant filtrer la lumière grâce à leur légère opacité. Ouverts, ils permettent de contempler la place des Vosges à toute heure, directement depuis la baignoire. Équipée d'un système de balnéthérapie, cette dernière est encastrée dans un tablier maçonné recouvert de mosaïque grise, pour un plus grand confort. Sur les côtés, un simplissime tabouret d'Alvar Aalto ainsi qu'un banc de Charlotte Perriand permettent d'accueillir quelques serviettes ou autres produits de beauté. En guise de décoration, deux petits tableaux sont simplement accrochés au mur. Une ambiance zen, idéale pour se détendre.
éléonor le 13/02/2012 à 22:04
  • Tout est splendide ! Y a qu'un truc qui me chiffonne : à quoi diable sert la grande et belle bibliothèque de la salle à manger ? Où sont les bouquins non d'une pipe ? Eléonor
toscana06 le 07/02/2012 à 14:18
  • à Anonyme message du 6.3.2011 18.33 architecte d'intérieur, à des prix abordables pour tous... c'était le crédo de mon fils... il voulait que chacun puisse s'offrir les compétences d'un professionnel .. et bien cela n'a pas marché du tout ! donc il travaille pour une Clientèle aisée .. qui elle n'hésite pas à faire appel aux archis et décorateurs dommage
vibri le 06/02/2012 à 02:01
  • Suite //Juste une petite précision. Ma réponse est au commentaire du 20/03 . Y a-t-il plusieurs Anonymes ? Merci Vibri
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