Trieste, à la croisée des cultures
Un temps indépendante sous l’influence de Rome, Tieste quitte l’empire austro-hongrois en 1921 pour devenir ville italienne. Il faudra attendre 1977 pour que la cité située sur les bords du Golfe de l’Adriatique ne se ressente vraiment comme telle. Forte de sa position géographique, au carrefour de l’Europe du Nord et de l’extrême Europe de l’Est, elle renoue aujourd’hui avec sa culture cosmopolite.
Trieste, la belle endormie se réveille
Ville austro-hongroise au pied des Alpes, Trieste devient italienne en 1921. Elle connaît alors sa grande période au XIXe siècle, notamment grâce à la ligne de chemin de fer la reliant à Vienne, et aux peintres et écrivains qui y séjournent et s’en inspirent.
Le début des années 1900 lui est cependant moins favorable. Son port perd rapidement de son importance et la ville entre dans une grande crise économique. Les habitants italiens cherchent à fuir la cité pour rejoindre leur pays natal. Trieste s’éteint petit à petit.
Le XXIe siècle semble pourtant marquer un tournant pour la belle de l’Adriatique qui s’inscrit aujourd’hui comme un véritable carrefour entre Orient et Occident.
La voisine mal-aimée de la Sérénissime Venise redore ses lettres de noblesse en dévoilant un patrimoine exceptionnel. Trieste s’illumine et paraît renaître de ses cendres. L’empire austro-hongrois nous offre ses monuments majestueux et ses jardins gigantesques dans une atmosphère maritime. La cité italienne nous replonge dans l’Histoire avec ses bâtiments de compagnies de navigation qui ont fait la réputation de son port au XIXe siècle.
Trieste, ville historique, certes. Mais aussi ville en plein renouveau. Les quais de Trieste devraient d’ailleurs faire l’objet d’un réaménagement. Les anciens hangars industriels qui les bordent sont en passe de devenir des lieux d’exposition dédiés à l’art contemporain. Une dimension artistique qui fait écho à la belle époque de la cité lorsque les artistes en devenir s’y installaient. Italo Svevo y fut longtemps marchand de peintures sous-marines avant d'obtenir la renommée d’écrivain qu’on lui connaît. James Joyce, célèbre poète et écrivain irlandais, y vécut après son professorat d’anglais à l’école Berlitz de Zurich.
Trieste semble aujourd’hui dépoussiérée. Les rues, les places, telle la Piazza dell’Unita d’Italia, voient défiler les passants, habitants et touristes. Les statues, les toitures découpées, les caryatides et les façades chargées des monuments attestent d’un passé à mi-chemin entre l’empire austro-hongrois, les vestiges gréco-romains et la Renaissance italienne. Mythique, le Castello de Miramare qui domine le Golfe de Trieste à flanc de falaise, ancienne demeure de Maximilien de Habsbourg, frère de l’empereur d’Autriche, témoigne de la grandeur de la cité adriatique.





































