Aménager loft et atelier

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Nouvelle vague des appartements, les lofts et anciens ateliers sont pile dans la tendance du moment. Au départ moins onéreux et plus originaux que les traditionnels appartements haussmanniens, ils sont devenus peu à peu les plus recherchés des lieux de vie. Mais avec leur utilité de départ, leur conception est bien différente du trois pièces classique : il faut savoir les aménager et les rendre habitables. Tout un art expliqué en 5 étapes.

Faire entrer la lumière
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Faire entrer la lumière



Comme dans toute maison, la lumière est un atout important qui met en valeur les pièces et donne une impression immédiate de fraîcheur et d’espace. Cependant, dans les lofts, la lumière a souvent du mal à être maitrisée. Conçu pour être un lieu de travail, le local industriel laisse pénétrer la lumière par des verrières de toiture. Une entrée franche, directe, parfois peu flatteuse et souvent insuffisante. Il faut donc user de stratagèmes pour inonder les pièces de la lumière qui leur fait défaut.

Avant d’engager de lourds travaux pour la création de nouvelles ouvertures, il faut bien entendu s’informer au préalable des droits dont on dispose, auprès de la mairie de sa commune. En effet, la modification de la construction répond à de nombreuses restrictions et il faut en connaître toutes les règles avant de se lancer. Malheureusement pour certains, chaque local est associé à un plan local d’urbanisme (PLU) ainsi qu’un plan de zonage, qui définit les possibilités de transformation à respecter impérativement. Parmi elles, le coefficient d’occupation des sols (COS), le coefficient d’emprise au sol (COS) et les règles d’implantations vis-à-vis des limites séparatives. Toutes ces informations peuvent vous être données par l’employé de mairie chargé de l’urbanisme. A partir de ces éléments décisifs, on peut commencer les éventuelles transformations, tout en observant le respect des distances minimales à l’égard des voisins dans le cas de la création d’une fenêtre : 1 ,90 m minimum pour une vue droite, et 0,60 m pour une vue oblique (toute vue nécessitant de pencher ou tourner la tête). Cette règle ne s’applique pas cependant aux fenêtres de toit, ne donnant vue que sur le ciel.

Sans vue, il est légal de créer un jour mais avec un verre translucide (et non transparent) à 2,60 m de hauteur pour un RDC ou 1,90 m en étage, uniquement pour un mur privatif. Dans le cas d’un mur mitoyen, l’accord du voisin est absolument indispensable.

Dans le cas d’un loft ne disposant d’aucune ouverture sur l’extérieur que celle du toit, il va falloir l’exploiter au maximum pour éclairer toutes les pièces. Par exemple, en aménageant un patio au centre du bâtiment, on créé un puits de lumière qui va se répandre dans tout l’espace, grâce au volume. L’idéal est d’aménager les espaces clés en dessous de ces sources de lumière les plus claires : le séjour prendra parfaitement sa place à cet endroit.

Quand la verrière du toit n’est présente que dans une seule partie du loft, laissant les autres pièces dans l’ombre, on peut tricher en construisant des seconds jours à l’aide de cloisons à moitié vitrées. Cette cloison de verre permet à la lumière de traverser les pièces. On peut éventuellement aussi construire une verrière supplémentaire, dans le faîtage du toit, tout en longueur, et apporter plus de lumière dans un coin isolé.

Par Delphine Sinanian
Structurer l'espace
Structurer l'espace
 Philippe Garcia

Dans un loft on a l'avantage de bénéficier de beaux volumes, et de grands espaces. Cependant, cette recherche de grandeur, souvent à l'origine de l'acquisition d'un loft, peut aussi devenir un véritable casse tête quand il s'agit de l'aménager. Sans cloison, sans pièces définies, on se perd vite dans ces espaces immenses. Leur conception de base est bien souvent la cause de cet aménagement difficile, en particulier pour une usine ou un entrepôt : le lieu se devait d'être le plus grand et le plus simple possible dans sa construction.

Il est impératif de lui donner du caractère et de créer un minimum d'espaces différents. Pour mettre en valeur, il ne faut pas avoir peur de structurer. Cette structure, si elle est bien faite, ne perdre ni place ni volume.

Pour cela, l'aide d'un architecte est souvent incontournable. Mais quelques idées simples peuvent aussi aider. L’idée la plus subtile est de créer une différence de niveaux. Souvent permise par les grandes hauteurs sous plafonds des lofts, elles permettent de séparer les zones d’activité, de la salle à manger au salon par exemple. A la simple différence de niveaux du sol, on peut ajouter une différence de types de sols. On démarquera l’espace grâce à un contraste carrelage/parquet par exemple. Quelques recommandations tout de même : afin d’éviter toute chute, ou surprise, face à une différence de niveaux, il est conseillé de placer deux ou trois marches. Enfin, les plus originaux se laisseront séduire par la conception d’un salon encaissé dans le sol, à un niveau plus bas que le reste donc : intime et ultra confortable.

Cette idée de niveaux peut aussi s’avérer un outil judicieux d’aménagement de la maison : elle offre la possibilité, en dessous, de faire passer câbles électriques et évacuations d’eau, ou encore plus simplement d’aménager des rangements comme un coffre.

Afin de mettre en valeur les différentes zones d’un loft, on peut aussi installer des cloisons, sans pour autant diviser la pièce. Posées comme des paravents, elles créent une intimité, idéale pour un petit salon, un coin "lecture" ou autre petit espace dans lequel on aime se sentir comme dans un cocon.

Une cloison se décline sous deux types bien distincts : cloison sèche, et cloison humide.

La cloison sèche est une cloison sans apport d’eau, composée de panneaux alvéolaires (bas de gamme), de plaques de plâtre (classique) ou de plaques Fermacell ou panneaux de terre (écologique). Ces plaques ne dépassent pas trois mètres de hauteur. Pour atteindre un niveau plus haut, il faut doubler la structure. Leur avantage : elles sont plus propres, le chantier est plus rapide (pas de séchage) et elles sont plus légères. 
Les cloisons humides, plus lourdes, sont construites à partir de carreaux de plâtre, de béton cellulaire ou de terre cuite. Ces matériaux présentent eux aussi de solides atouts : la cloison est ainsi prête à peindre et déclinée sous plusieurs épaisseurs (7cm en moyenne). Solide, elle craint moins les charges lourdes, idéale pour l’accrochage d’objets de décoration etc. Enfin, elle est coupe-feu et résiste idéalement à l’humidité, qu’elle régule même. Le bémol : des performances médiocres au niveau thermique et phonique.

Grâce à une cloison : on isole deux espaces sans perdre l’unité de la pièce, on joue des couleurs en la peignant tout en contraste, on cache une zone moins esthétique (rangements, escalier…). Elle est le meilleur compromis pour créer des fausses pièces dans un loft.

Organiser le volume
Organiser le volume
 Christophe Dugied

Le volume fantastique qu’offrent les lofts autrefois bâtiments industriels est leur atout majeur qui les démarque immédiatement de l’habitat traditionnel. Encore une fois, l’aménagement du volume constitue une étape importante de gestion de l’espace. Son problème : le manque d’intimité et la mise en place des zones d’activité, et le chauffage. Avec une hauteur sous plafond de 7mètres par exemple, on ne pourra pas utiliser le même mobilier qu’une de 4mètres. Il est important de ne pas négliger la partie haute, mais au contraire de sublimer ces volumes et les rendre fonctionnels.

Tout d’abord, un détail qui n’en est pas un, est de prêter attention à l’ambiance sonore. Dans ces entrepôts de 200 m² aux murs de tôles et de béton, il est certain que vous aurez un écho, et ce même après avoir meublé. Ces résonnances, très désagréables, doivent être à tout prix minimisées afin d’oublier cet effet hall de gare. Pour cela, il faut multiplier les surfaces dites absorbantes : ajouter des pans de mur en bois, du tissu, tapis, rideaux, coussins, poufs… Ce sont ces éléments qui vont empêcher chaque son d’être réfléchi.

L’éclairage est votre nouvel allié pour intimiser votre ancienne usine de 1910. Il va redessiner les volumes et modifier leur perception. Avec des appliques fixées à 6 mètres de hauteur, on créé une lumière globale très froide. A l’inverse, en utilisant des sources de lumière basses, comme des lampes de chevet, des luminaires directement posés au sol, ou encore des suspensions abaissées à 2 mètres, on dirige la lumière vers le bas, et laisse dans l’ombre le toit. Pour plus de détails concernant les techniques et les astuces d’éclairage, consultez notre dossier complet.

Afin de recréer une intimité, ce sont les couleurs qui cette fois vont nous aider grâce aux effets d’optique. Comme on le sait déjà, les teintes denses et foncées resserrent l’espace, les couleurs chaudes apportent une impression d’enveloppement. Rien de plus simple que de créer une fausse alcôve, avec une couleur foncée qui donne un effet de renfoncement. Pour l’accentuer, un abaissement de la hauteur sous plafond est idéal. Pour en savoir plus sur les couleurs et leurs effets, cliquez ici.

Si la hauteur sous plafond l’autorise, et c’est souvent le cas dans un loft, la création d’une mezzanine peut vous faire gagner en intimité, et permet l’aménagement d’une nouvelle pièce. C’est le compromis parfait, puisque la mezzanine ne s’étend que sur une partie de la pièce principale, dont on préserve le beau volume.

Pour savoir si vous avez la possibilité de créer une mezzanine, il faut calculer la hauteur sous plafond. En théorie, elle doit toujours faire 2,30 mètres donc vous devez avoir 4,60 mètre minimum. Dans la pratique, on peut se contenter d’un peu moins comme 1,90 ou 2 mètres, et s’il s’agit d’un lieu de couchage, les moins capricieux se contenteront d’1,50 mètre. Néanmoins, en dessous de 3,50 mètres la mezzanine n’est peut être pas la meilleure solution à envisager.

Comment repose-t-elle ? Ancrée dans les murs latéraux, ou soutenue par une colonne, la mezzanine peu aussi parfois être suspendue aux poutres du plafond ou à la charpente. Elle est généralement construite en bois ou en métal. Idéalement on la construit face à des fenêtres afin qu’elle bénéficie de la même lumière. Pour y accéder, on dispose de plusieurs choix : l’escalier classique, si l’emplacement et la fonction permettent sa mise en place, ou la simplicité, avec une échelle de meunier, uniquement pour accéder à un couchage. Un escalier hélicoïdal, élégant mais qui ne permet pas de monter des meubles volumineux (sauf si la mezzanine est entièrement ouverte).

Améliorer le confort
Améliorer le confort
 

Ces locaux industriels n’avaient pas besoin du même confort que pour un habitat quotidien. Leur consommation énergétique est donc beaucoup plus importante que dans un appartement, et nécessite des travaux particuliers pour être habitable sans en faire un gouffre financier.

C’est au moment de l’acquisition et du début des travaux qu’il faut absolument rénover ces aspects essentiels de l’habitat.

Il faut se renseigner sur l'ancienneté du bâtiment, son mode de construction, et les éventuelles transformations qu’il a pu connaître au fil des années. Elles vont donner une indication sur la consommation moyenne du loft. Par exemple, les constructions très anciennes ont des murs épais, qui leur donnent une bonne inertie, et amortissent convenablement les variations de température. Frais en été, ils demeurent cependant plus difficiles à chauffer en hiver. Pour résoudre ce problème, la meilleure solution est d’habiller les murs d’un matériau dit « chaud » comme le bois, le textile ou un isolant mince.

Quand les moyens le permettent, une véritable isolation intérieure et extérieure est la méthode infaillible. Parfois des dilemmes se posent, notamment pour les constructions à ossature métallique et remplissage maçonné, autrement dit faites de métal et de brique, la signature typique du loft comme on l’aime. Une isolation intérieure va cacher tous ces éléments esthétiques très recherchés. Dans ce cas, l’isolation extérieure est le meilleur des compromis.

Avant de trouver les moyens de chauffer plus, il est nécessaire réduire les déperditions de chaleur. En moyenne, la valeur des déperditions réduites par l’isolation dépendent de la partie du bâtiment isolée : une isolation du toit réduit de 30%, les murs de 25%, le sol de 7% seulement, et enfin les fenêtres de 15%. Ces chiffres varient bien sûr en fonction du lieu.

Comme une isolation totale est très onéreuse, on procède généralement par étape, en commençant par le toit, le sol et enfin les murs et fenêtre par la suite. Lire également pour tout savoir sur l’isolation notre guide pratique en cliquant ici.

Une fois ces pertes de chauffage réduites au maximum, on peut alors penser aux moyens de produire de la chaleur et de l’eau chaude sans risques de grandes pertes. Il faut savoir que l’idéal est de choisir de plancher chauffant. L’air chaud a la particularité de monter, donc s’il vient du sol il se répand dans toute la pièce de façon homogène. C’est le chauffage par convection qui est le moins adapté dans un loft. Quoiqu’il en soit, pour un chauffage d’appoint dans ces grands volumes si durs à réchauffer et si coûteux, rien de tel qu’une cheminée à l’éthanol pour créer une ambiance cosy et intimiste. Pour le salon, espace le plus fréquenté de la maison, c’est une solution idéale.

Cultiver l’esprit industriel
Cultiver l’esprit industriel
 / Box Management Mai-Linh

L’esprit industriel, très en vogue actuellement, est bien sûr né du détournement de locaux professionnels, et s’implante désormais même dans les appartements classiques décorés et rénovés dans ce style si particulier. Pourtant, et c’est l’ironie du sort, ce courant vient justement d’une absence de décoration, pour des raisons pratiques l’habitat était laissé tel quel en privilégiant l’aspect solide et robuste des meubles. La hauteur sous plafond était adaptée aux grandes machines auxquelles on devait pouvoir accéder, gaines de ventilation, câbles électrique et tuyauterie étaient laissés apparents car l’esthétique n’avait aucune importance.

Le style industriel tel qu’on l’apprécie aujourd’hui est typiques des constructions du XIXème siècle et de l’entre-deux guerre, composés d’ossature d’acier, de brique et de verre (à l’époque jugés bien moins élégants qu’aujourd’hui…).

On croit pouvoir faire régner le style industriel dans n’importe quel habitat en ajoutant quelques meubles de métal, des poutres d’acier et un mur de brique. Il faut se rappeler que le choix des matériaux n’est qu’un aspect de cet esprit. Ce qui caractérise le style industriel, c’est non seulement ces matériaux typiquement industriels, mais aussi une certaine idée de la conception et de l’agencement. Absence de sophistication, agencement simpliste, lumière qui circule dans toutes les pièces sans cloisons, espaces entièrement ouvert… Tout ce qui est d’ordre technique reste apparent, on ne dissimule pas la plomberie. En revanche on prêtera attention aux matériaux comme pour des fils électriques, à laisser à l’ancienne : gainés de tissu. On oublie le plastique pour décorer les boitiers d’interrupteurs et enfin on bannit les tuyaux en PVC qu’on préfère en fonte ou en métal.

On distingue 4 matériaux emblématiques du style industriel : béton, acier, brique et verre. Ils sont vos 4 alliés dans la conception d’un décor typique. Le premier, le béton, fut longtemps jugé froid et inesthétique. Désormais c’est l’un des grands favoris des lofts, grâce à l’esprit authentique qu’il insuffle immédiatement en recouvrant les sols de n’importe quelle pièce. Bien sûr, on peut l’adapter : certains le préféreront à l’état brut, d’autres choisiront une variante lissée ou peinte, plus sophistiquée. Il existe des toutes les sortes et pour tous les goûts : Lissé, ciré, poli, verni. En revanche, pas de bricolage hasardeux, le béton doit être posé par un professionnel. Pour en savoir plus sur béton, lisez notre dossier spécial.

L’acier est parfait sur les structures porteuses, les escaliers, les portes, ou encore les poutres. Brut il se détériore facilement, donc il est souvent conseillé de le galvaniser : cet acte consiste à le recouvrir de zinc pour éviter l’oxydation. Utilisé dans le style industriel par le biais de caillebotis de sol ou de tôles appliquées sur des crédences ou des marches d’escaliers.

Omniprésente avant l’avènement du béton, la brique est utilisée pour le remplissage des structures en bois et en acier. On l’aime dans les bâtiments industriels pour l’élégance qu’elle apporte à une pièce tout en étant économique, c’est d’ailleurs pourquoi depuis les années 30 elle n’est plus qu’esthétique et a perdu son rôle de remplissage. Les plus adaptées dans un loft occuperont un seul pan de murs, composé de briques en terre cuite à l’aspect vieilli.

Enfin, le verre est utilisé surtout pour les verrières de toitures si typiques des bâtiments industriels ou des cloisons vitrées, qui laissent passer la lumière. Il est choisi en version feuilleté aujourd’hui, que l’on peut intégrer dans un double vitrage. En revanche, quand il est d’origine, c’est souvent du verre armé.  Dans les deux cas, il est sécurisé puisqu’il reste en place même cassé, dans sa trame métallique.

habitatbulles le 02/02/2013 à 18:55
  • Qui a regardé l'émission TF1 Reportages de samedi 26 janvier 2013 ? Il y avait une maison bulle de 13m40 de diamètre avec une rampe pour monter à la mezzanine, on aurait dit un loft mais en rond.
Anonyme le 13/12/2010 à 10:04
  • Pour ma part , j'adore la lumière et un loft et l'habitation rêvée pour un artiste ...
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